Je parle que la Boule Magique ne l'avait pas vu venir - 4e trimestre 2025
Je crois qu’il est juste d’affirmer qu’aucun des prévisionnistes du marché dont j’ai parlé dans mon commentaire de l’année dernière n’aurait pu prédire les événements de 2025 dans leur boule de cristal/Boule Magique.
Ce fut une année marquée par le retour de la volatilité, qui a fait quelques apparitions brèves mais mouvementées, rappelant aux investisseurs qu’un tweet suffit parfois à faire chuter brutalement la valeur de leurs fonds d’actions.
J’ai eu la chance d’être en Colombie-Britannique en avril pour rencontrer nos conseillers partenaires, alors que les répercussions du Jour de la libération étaient à leur apogéei, J’ai donc pu vivre avec eux les hauts et les bas de la troisième plus forte volatilité depuis le krach de 1987ii. En effet, la fourchette intra journalière de l’indice S&P 500 pendant cette semaine-là ressemblait à ceci :
Lundi : 8,1 %
Mardi : 7,1 %
Mercredi : 10,7 %
Jeudi : 4,4 %
Vendredi : 3,1 %iii
C’était le moment idéal pour discuter avec les conseillers. La même question revenait à chaque réunion : « Comment investir dans un contexte comme celui-ci ? »
C’était la question parfaite.
À vos marques
Si vous avez déjà consulté notre site Web, vous savez qu’EdgePoint apprécie la volatilité. (Nous l’apprécions tellement que nous lui avons déjà écrit une lettre) Nous considérons la volatilité comme une caractéristique du marché, et non comme un problème à résoudre. Notre objectif est d’être prêts à en tirer parti lorsqu’elle se présente. Nous savons que nous ne pouvons pas prédire l’avenir, alors nous n’essayons pas de le faire. Nous nous concentrons plutôt sur notre expérience éprouvée dans la recherche d’entreprises performantes capables de croître sans payer trop cher pour cette croissance.
Ne pas surpayer est souvent le plus difficile. Même si nous estimons compter sur un point de vue unique sur les raisons pour lesquelles une entreprise pourrait connaître une croissance importante à l’avenir, nous restons rigoureux en matière de prix. Cela signifie que nous passons beaucoup de temps à attendre patiemment que nos idées se concrétisent, afin de pouvoir acheter de la croissance gratuitement.
La volatilité facilite quelque peu cette partie du travail. La peur qui l’accompagne engendre généralement des comportements très irrationnels chez les investisseurs, tels que des ventes paniques ou une ruée vers les liquidités. Nous essayons de tirer parti de ces émotions en acquérant des entreprises de grande qualité à des vendeurs qui ne comprennent pas la véritable valeur de ce qu’ils possèdent.
L’histoire montre que nous avons toujours su créer de la valeur ajoutée dans des périodes comme celle-ci. Après les plus fortes baisses enregistrées dans l’histoire du portefeuille mondial, nous avons surpassé nos concurrents dans la catégorie Actions mondiales sur toutes les périodes de 10 ans et sur toutes les périodes de 5 ans sauf une :
Portefeuille mondial EdgePoint, série F (EPGP) vs. la catégorie Actions mondiales (moyenne)
Rendements relatifs après les baisses les plus importantes

*Rendements totaux annualisés, nets de frais (à l’exclusion des frais de conseil), en $CA. Au 31 décembre 2025.
Portefeuille mondial EdgePoint, série F – 15 ans : 12,09 %, 10 ans : 9,60 %, 5 ans : 10,57 %, 3 ans : 13,49 %, 1 an : 17,51 %, ÀCJ : 17,51 %. Fonds d’actions mondiales (moyenne) – 15 ans : 9,66 %, 10 ans : 9,00 %, 5 ans : 9,34 %, 3 ans : 16,47 %, 1 an : 12,52 %, ÀCJ: 12,52 %. Nombre de fonds dans la catégorie Actions mondiales – 15 ans : 363, 10 ans : 721, 5 ans : 1 325, 3 ans : 1 592, 1 an : 1 802, ÀCJ : 1 802.
Source : Morningstar Direct. Rendements totaux, nets de frais (à l’exclusion des frais de conseil), en $CA et annualisés pour les périodes supérieures à un an. La série F est offerte aux investisseurs dans le cadre d’un accord de frais/frais de conseil et n’exige pas d’EdgePoint qu’elle engage des frais de distribution sous forme de commissions de suivi aux courtiers. Les rendements passés ne garantissent pas les rendements futurs. Référez-vous à la section Informations importantes – Catégorie Actions mondiales pour plus de détails.
La plupart des chefs d’entreprise rationnels savent que la volatilité n’est pas un risque. Les fluctuations quotidiennes des cours affichés à l’écran ont très peu d’incidence sur la valeur réelle sous-jacente d’une entreprise à long terme. Un chef d’entreprise rationnel sait que le seul véritable risque qu’il court en matière d’investissement est de perdre définitivement l’argent qu’il a durement gagné
Mais cela ne signifie pas pour autant que la volatilité n’entraine pas de risque, surtout si vous ne connaissez pas la valeur de ce que vous possédez. Il y a peu de choses dans la vie qui soient plus terrifiantes que de voir la valeur de votre investissement dégringoler alors que vous ne connaissez pas sa valeur réelle. Cette peur peut entraîner toutes sortes de comportements irrationnels qui transforment rapidement une perte comptable en une perte réelle de capital – la véritable définition du risque.
Gestion des risques chez EdgePoint
À EdgePoint, nous définissons le risque comme la perte permanente de capital, et nous nous efforçons chaque jour de minimiser la probabilité que cela se produise. Nous estimons que la meilleure façon d’y parvenir est de détenir des entreprises suffisamment résilientes pour croître dans n’importe quelle conjoncture macroéconomique et en sortir plus fortes.
Si vous interrogez l’un d’entre nous sur les entreprises que nous détenons dans nos portefeuilles, nous ne commencerons probablement pas par une thèse convaincante sur la résilience. Nous vous parlerons plutôt de l’idée d’ensemble, du changement positif que nous constatons et que le marché n’a pas encore pris en compte, de notre vision exclusive et de l’ampleur que pourrait prendre l’entreprise lorsque ce changement se produira.
Il s’agit de la partie la plus passionnante et, en fin de compte, la plus importante. Nous sommes convaincus que la seule façon de surpasser le marché de manière durable à long terme est d’avoir une idée sur une entreprise qui n’est pas largement répandue chez les autres. Disposer de cette vision exclusive est la partie la plus importante de notre décision d’investissement, c’est la pierre angulaire de notre méthode.
Mais nous savons aussi que nous pouvons nous tromper. Parfois, le changement ne se produit pas ou prend beaucoup plus de temps que prévu, et nous devons alors nous contenter de l’entreprise que nous détenons lorsque l’idée ne se concrétise pas.
L’importance de la marge de sécurité
Être à l’aise avec l’activité de base est notre marge de sécurité si nous nous trompons sur tout le reste. Examinons trois scénarios hypothétiques qui illustrent pourquoi nous croyons que cette marge de sécurité est si importante.
Scénario 1 – Activité de base résiliente, notre analyse était correcte
Voici ce que nous espérons voir de chaque investissement d’EdgePoint.

Scénario hypothétique.
La croissance stable de l’activité de base, combinée à notre perception d’un changement positif dans l’activité, signifie que nous disposons d’une entreprise dont les bénéfices sont nettement plus élevés.
Lorsque notre perception est juste et que nous voyons quelque chose que les autres investisseurs ont manqué, nous n’avons pas eu à payer pour cette croissance. Les rendements que nous tirons de ces investissements devraient être très attrayants et nous aider à rapprocher nos clients de leurs objectifs financiers.
Dans ce cas, la résilience de l’entreprise n’avait pas d’importance, mais tous nos investissements ne suivront pas cette voie.
Scénario 2 – Activité de base résiliente, notre analyse prend plus de temps que prévu/ne se concrétise pas
Si l’activité de base continue de croître, nous devrions encore générer un rendement positif.

Scénario hypothétique.
En chiffres simples :
Si les bénéfices étaient de 10 $ et que nous payions un multiple de 10 pour cette entreprise, l’entreprise vaut 100 $.
Si la valeur de l’activité de base augmente de 10 % pendant notre période de détention, les bénéfices s’élèvent désormais à 11 $, et si le multiple reste le même à 10, l’entreprise vaut désormais 110 $.
Même si cette idée ne s’est pas encore concrétisée, nous ne subirions pas de perte permanente de capital grâce à la qualité de l’entreprise. Cela nous laisse le temps d’évaluer si nous estimons toujours que cette idée aboutira ou de passer à autre chose si nous pensons que ce ne sera pas le cas.
Mais que se passerait-il si nous ne disposions pas d’une activité de base résiliente?
Scénario 3 – Activité de base non résiliente, notre analyse prend plus de temps que prévu/ne se concrétise pas
Ce sont là les situations que nous essayons d’éviter. Nous devons nous satisfaire de ce qui nous reste si notre vision ne se concrétise pas. Sinon, le risque de perte permanente de capital devient réel. Lorsque nous parlons de gestion des risques, voilà le scénario que nous envisageons :

Scénario hypothétique.
La carte de la prudence
Lors d’une séance d’information à l’intention des conseillers l’année dernière, Steven Lo et moi-même avons réussi à remplir une plage horaire complète en discutant de toutes les fois où nous pensions avoir eu une idée géniale sur une entreprise... qui n’a finalement pas abouti. Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas là que le commentaire prend une tournure sombre. Il y a de bonnes histoires pour les investisseurs prêts à faire preuve de patience.
Lincoln Electric Holdings, Inc. est une entreprise que nous avons souvent mentionnée par le passéiv. Il y a deux ans, nous avions une idée très ambitieuse la concernant. En 2021, l’administration Biden a débloqué 7,5 milliards $ pour financer la mise en place d’un réseau public de bornes de recharge pour véhicules électriques d’un bout à l’autre des États-Unis. Lincoln Electric, une entreprise de soudage basée à Cleveland, était la seule à pouvoir produire à grande échelle des chargeurs répondant à leurs critères stricts. Il s’avère que le module d’alimentation utilisé dans les machines à souder est presque identique à ceux utilisés pour alimenter les chargeurs rapides publics.
L’occasion était énorme. Si la demande était là, Lincoln Electric avait la capacité de vendre 6 000 chargeurs au cours de la première année, au prix unitaire de 100 000 $US. Pour mettre cela en perspective, cela représentait 600 millions $US supplémentaires de chiffre d’affaires pour une entreprise dont le chiffre d’affaires était légèrement inférieur à 4 milliards $US.
Et ce n’était qu’un début. Une fois que cet argent aurait commencé à affluer, l’entreprise aurait pu augmenter sa capacité si rapidement que ses bénéfices auraient pu doubler en deux ans!
Malheureusement, l’argent n’a jamais été versé.
Biden a annoncé un plan visant à construire 500 000 chargeurs en 2022. En août 2024, huit chargeurs avaient été construits. L’argent a été bloqué dans la bureaucratie des départements de l’État et locaux, puis la nouvelle administration est arrivée et a immédiatement mis fin à l’idée de chargeurs de véhicules électriques financés par l’État.
Alors, comment s’est porté l’entreprise?
Les dirigeants de Lincoln Electric ont fait exactement ce qu’ils ont toujours fait. Ils ont géré l’incertitude en suivant la même stratégie que celle qu’ils utilisent depuis 100 ans. Ils ont racheté des actions, développé leur activité d’automatisation en acquérant des entreprises complémentaires, élargi leurs perspectives de croissance dans le domaine de l’impression 3D en signant des contrats à long terme avec le ministère américain de la Défense pour l’impression 3D de composants critiques, et continué à augmenter ses marges sans avoir besoin des revenus provenant des chargeurs.
Et notre investissement?
Nous avons vendu Lincoln Electric plus tôt en 2025 avec un taux de rendement interne (TRI) de 17,4 %†. Ce n’est pas la décennie de rendements de plus de 10 % que nous espérions lorsque nous avons acheté l’entreprise, mais ce n’est pas un mauvais résultat compte tenu du scénario dans lequel nous n’avons pas obtenu le changement escompté.
La marge de sécurité dans l’activité de base signifiait que nous n’avions pas besoin que le changement se produise pour obtenir un bon rendement.
† Le taux de rendement interne (TRI) est un rendement pondéré en fonction de la valeur monétaire qui tient compte du moment et de l’ampleur des flux de trésorerie liés à un placement et qui représente le rendement réel d’un placement. Les TRI concernent Lincoln Electric Holdings, Inc. Actions détenues dans le portefeuille EdgePoint Global entre le 25 janvier 2023 et le 7 novembre 2025, en dollars canadiens.
Rendements totaux annualisés, nets de frais (à l’exclusion des frais de conseil), en $CA. Au 31 décembre 2025.
Portefeuille mondial EdgePoint, série F – Depuis sa création (17 novembre 2008) : 13,59 %, 15 ans : 12,09 %, 10 ans : 9,60 %, 5 ans : 10,57 %, 3 ans : 13,49 %, 1 an : 17,51 %, ÀCJ : 17,51 %.
La série F est offerte aux investisseurs dans le cadre d’un accord de frais/frais de conseil et n’exige pas d’EdgePoint qu’elle engage des frais de distribution sous forme de commissions de suivi aux courtiers.
Mais quel est le rapport avec la volatilité d’avril?
Notre marge de sécurité lorsque nous investissons consiste à connaître la solidité de l’activité de base, à prévoir ses rendements dans un large éventail de scénarios et à disposer d’une estimation raisonnable de la valeur de cette activité.
Cela signifie que lorsque l’incertitude frappe et que la panique s’installe, nous avons la confiance nécessaire pour acheter alors que tout le monde vend. Nous pouvons tirer profit des erreurs des autres et acheter d’excellentes entreprises à des prix avantageux.
Le début de l’année 2025 n’a pas fait exception. La volatilité observée entre février et la mi-avril a donné lieu à la troisième période la plus active en termes de transactions pour le Portefeuille mondial EdgePoint depuis sa création. Les deux autres périodes ont été la crise financière mondiale et la pandémie de COVID-19.
Au cours des six semaines précédant le Jour de la libération, nous avons transféré plus d’un quart du Portefeuille mondial EdgePoint (environ 3 milliards $CA en volume de transactions). Nous avons pu acheter certaines entreprises figurant sur notre liste de souhaits à des prix avantageux, car elles ont été vendues avec le marché dans son ensemble, comme Thermo Fisher Scientific Inc. (qui représente désormais 3,6 % du portefeuille mondial EdgePoint)v. Nous avons également doublé notre mise sur les entreprises existantes de notre portefeuille qui avaient subi une baisse de leur cours supérieure à celle justifiée par l’évolution de leur activité sous-jacente (par exemple, Roche Holdings AG, Alfa Laval AG) et vendu certaines entreprises qui n’offraient pas le même profil risque/rendement que les entreprises dont nous avions bénéficié pendant cette courte période vi.
Depuis notre lancement en 2008, notre histoire nous montre que nous avons apporté une grande valeur ajoutée pendant les périodes de volatilité comme celle-ci, et nos clients finaux ont toujours obtenu de bons résultats avec nous dans les années qui ont suivi. Nos partenaires à long terme sont tellement alignés avec nous qu’ils ont pris une décision en avril qui a pu surprendre les observateurs extérieurs : au plus fort de la folie et de l’incertitude des marchés, nos investisseurs ont décidé de nous donner plus d’argent. Les 9 et 10 avril, les deux pires journées du marché, nous avons enregistré les plus importants afflux de capitaux de l’histoire d’EdgePoint.
En 2026, comme chaque année, nous continuerons à travailler fort chaque jour pour maintenir ce niveau de confiance. Nous ferons tout notre possible pour qu’ils puissent atteindre leur objectif, quels que soient les nouveaux risques extrêmes que le marché nous réserve cette année.